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Articles / Echo d'atelier

Le Basse Hergo

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Ces dernières années les plans de casse de bateaux de pêche orchestrés par l’Union Européenne se sont succédé à un rythme effréné. Tous les ports Français ont été touchés par ces mesures, certains plus que d’autres. De vieux bateaux, mais aussi des navires récents sont passés sous les godets de pelles mécaniques ou les chalumeaux des ferrailleurs.

 

 

 

 

 

 

 

UNE VIE MOUVEMENTEE

 

Le Basse Hergo fut de ceux-là. Marc Picaud dit Marco, le patron armateur en avait décidé ainsi, lui qui avait passé commande en 1991 de ce chalutier de 17 mètres au chantier CRNP de Paimboeuf. Histoire quelque peu rocambolesque de ce chalutier, notamment dans la phase finale de la construction, que Marco esseulé dû rendre “flottable”, car le chantier en proie à de sérieuses difficultés financière avait dû cesser toute activité. Le bateau ainsi rendu étanche pu être remorqué jusqu’au Croisic, où son propriétaire dut mettre les bouchées doubles afin de finir sa construction. Il le baptisa Basse Hergo, du nom d’une bouée située à la sortie du port du Croisic. Le 10 mars 1993, alors qu’il était en pêche à 25 milles dans l’ouest de l’Île D’Yeu, il est abordé par un navire espagnol de 35 mètres. Coque enfoncée, passerelle littéralement déchiquetée, ce qui lui valut de longues semaines d’immobilisation. Quelque temps plus tard, alors que le Roulev du Croisic le remontait sur le terre-plein, le Basse Hergo chuta lourdement, endommageant sérieusement sa coque et causant des dommages à l’intérieur du bateau, ce qui eut pour résultat l’immobilisation quelques semaines de plus. Enfin en 2006, dépouillé de tout son matériel de pêche, de navigation, et de son moteur, il fut livré aux ferrailleurs… Triste fin pour un navire aux qualités marines exceptionnelles.

 

 

UN PETIT GROS

 

Doté d’une coque en fer à bouchain vif avec bulbe polyédrique dessiné par le cabinet d’architecture naval Pantocarène, ce chalutier détonne à l’époque par ses dimensions, et notamment sa largeur de 6,60 m, ce qui lui permet d’être doté de 4 enrouleurs de chalut, et surtout d’acquérir une stabilité hors norme. C’est un p’tit gros qui cale 3,20 m, doté d’une grande hélice à pas variable diamètre 1 900 mm, qui lui confère un grand pouvoir de traction, indispensable pour un chalutier. En plus du mât de feu situé sur la passerelle, il est équipé dès son neuvage d’un mât avant supportant un mat de débarquement, volonté de Marco, nostalgique de la silhouette caractéristique des chalutiers classiques. Polyvalent, le Basse Hergo pratiquait le chalut de fond (espèces demersales et langoustine) et le chalut pélagique (poisson bleu). Il subit quelques des modifications pendant sa carrière. L’échappement moteur fut déplacé sur le côté droit, d’où l’excroissance rajoutée au pied du portique. Symétriquement, la même protubérance donnait accès au local C0². Le mât avant fut supprimé et remplacé par une grue dépliante de 500 kg de levée. Les feux sont alors transférés sur le mât de passerelle. Les rangements prévus dans les pavois pour la mise à poste des panneaux de chalut, durent être comblés sur recommandations des affaires maritimes.

 

 

 

 

                                                          basse_hergo_2

 

 

 

 

 

 

LA MAQUETTE STATIQUE

 

 

Marco me fit part de son désir de posséder son Basse Hergo (comme il se plaît à l’appeler) en maquette dans une vitrine, dans son état à son neuvage. Le Basse Hergo est un bateau qui n’a été construit qu’à un seul exemplaire. Par chance, Marco qui avait racheté les plans et les avait gardés précieusement, me les a confiés temporairement à titre exceptionnel, afin que je puisse en faire la maquette. A la lecture de ces plans, je me suis rendu compte très vite à quel point ce chalutier avait été remarquablement pensé. Pour la documentation photographique, j’avais eu la chance précédemment de faire beaucoup de clichés de ce bateau, et Marco me communiqua tous les éléments dont il disposait, y compris un film réalisé par les éditions Barnabé.

 

 

LA COQUE

 

Fidèle à mon principe de construction, c’est par les demi-coques que le chantier débuta, demi- membrures recouvertes de CTP 2 mm. Les deux demi-coques terminées, elles sont réunies, laissant entrevoir les formes pataudes de ce bateau. Les pavois et le tableau arrière sont réalisés en tôle aluminium épaisseur 1 mm, renforcés d’équerres épaisseur 0,5 mm. Le pont de travail est en poirier teinté avec une solution à l’alcool de couleur noisette.

 

 

LES SUPERSTRUCTURES 


La passerelle également en tôle d’aluminium est pourvue des encadrements de la porte arrière et des hublots. Pour ces derniers, j’ai opté pour un subterfuge puisque l’intérieur de la passerelle n’est pas visible. Pour garder un certain reflet sur les vitres, j’ai utilisé du plastique transparent teinté vert, rendu opaque grâce à une couche de peinture noir mât passé uniquement sur la face intérieure. L’effet est garanti. La casquette et le mât de feux sont eux aussi en aluminium.

 

 

LE PONT SUPERIEUR


basse_hergo_3Le pont supérieur en aluminium est collé à l’époxy. Il reçoit le panneau de cale, le treuil du mât de débarque, le mât avant en laiton pourvu du mat de charge. Sont également positionnés les ancres, le brise-lames, l’accès au peak avant, les engins de survie, différents évents, dégagement d’air et tubes de remplissage de cuves divers répartis autour du pont, ainsi que les chandeliers des rambardes découpées dans du laiton 4/10.

 

 

 

 

 

LES APPARAUX DE L'INSTALLATION DE PECHE

 

Les 2 treuils scindés Bopp modèles TS1980 sont réalisés en LAB (résine synthétique), tubes et profil laiton et aluminium. Un câble ø 4/10 est enroulé autour de la bobine de chaque treuil et frappé sur leurs panneaux de chalut respectifs. Ces derniers sont en plastique pour imiter l’Ertalon, cerclés de carton fort peint en noir. Les enrouleurs de chalut dotés de renforts sont découpés dans de la tôle d’alu, et pourvus d’un cerclage en fil d’alu. Tout un jeu de tubulures et de tubes en laiton soudés servant de renfort au portique est collé à l’époxy. Un treuil de caliorne est positionné derrière la passerelle, et le treuil de netsonde BOPP modèle TNH 1000 AG quant à lui est fixé sur le toit de cette dernière.

 

 

 

 

LE PRESENTATION


basse_hergo_4Après peinture de la maquette et pose des marquages de coque, des immatriculations et des noms, celle-ci est installée sur des ronds inox ø 8 mm, un pris sur l’étrave, deux autres sur la voûte arrière. Ils sont solidement ancrés sur un ber entièrement en chêne massif, dans lequel a été pratiquée une rainure de 5 mm réalisée à la toupie sur le pourtour, et où viendront prendre place les 4 vitres (épaisseur 4 mm) composant la vitrine. Le collage se fait grâce à des tubes d’époxy spécial verre. Une plaque rappelant le nom du bateau est apposée sur le ber, avant de recouvrir cet ensemble par la vitre supérieure. Tout ce “meuble” est habillé de cornières alu mat collés avec le même produit utilisé pour assembler les vitres. La livraison a été faite chez son nouveau p r o p r i é t a i r e . Même si Marco ne possède plus son chalutier, il pourra toujours se remémorer les moments passés à bord, en regardant sa maquette.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Article MRB N° 582

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