Le modélisme pour tous

Annonces Consulter Publier

Agenda Consulter | Publier

Magazine S'abonner | Mon abonnement |

Espace Premium

Mon compte

Articles / Trucs & Astuces

Comment améliorer la tenue des focs et trinquettes

foc et trinquette

Soigner la réalisation d’un modèle de yacht classique ou de voilier traditionnel procure certainement une grande satisfaction ; en améliorer l’aspect lorsqu’il gîte sous les risées est encore plus réjouissant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le problème avec un modèle réduit en navigation, c’est que les éléments ne sont pas à l’échelle, ni l’eau ni le vent. Les maquettes des navires à moteurs évoluent souvent à une vitesse exagérée, cargos ou chalutiers ont parfois un comportement de racers peu compatibles avec la réalité. Sur nos modèles de voiliers plus ou moins anciens, ce sont les voiles d’avant, focs et trinquettes qui, lorsqu’ils ne sont pas gonflés par une bonne brise à l’allure du largue ou grand largue, ont une fâcheuse tendance à faseyer comme des mouchoirs agités par des mains frénétiques. Cela se produit plus spécialement à l’allure de près et lors des virements de bord, vent debout. En effet, lors de ces manœuvres, une grande voile aurique assujettie à une bôme passe d’un coup d’un bord sur l’autre, entraînant dans le même mouvement le flèche plaqué contre le pic (ou la corne). Focs et trinquettes n’étant pas «bômés» ont plus de difficultés à franchir le lit du vent et ont tendance à faseyer avec une vivacité peu compatible avec l’ampleur gracieuse des voiles d’un bateau grandeur. Bien entendu, le problème ne se pose pas, et pour cause, avec les focs ou les trinquettes «bômés» comme il en existe sur quelques yachts. On pourrait songer à l’idée de «bômer» artificiellement ces voiles en introduisant une corde à piano à l’intérieur de l’ourlet de la bordure (bord inférieur d’une voile triangulaire). J’ai essayé avec de la corde à piano de 0,8 mm de grosseur. Test en navigation par vent léger : très efficace, les voiles changent d’amure comme la voile aurique. Oui mais revers de la médaille, ces voiles demeurent pratiquement plates, même lorsque l’on grimpe à l’échelle de Beaufort, car la rigidité du métal empêche l’arrondissement logique de la bordure. Donc à exclure sauf peut être sur des modèles de yachts destinés à évoluer dans les 75es rugissants… sur les plans d’eau de la banlieue parisienne !

 

focsSecond essai, beaucoup plus concluant, en enfilant un à un une bonne quantité de plombs de chasse (cartouches de douze vidées), par un trou pratiqué dans l’ourlet au point d’écoute de la voile. Cette façon de faire présente toutefois deux inconvénients. D’abord, c’est désespéramment long, et puis, à moins de travailler sur une voile passée au cachou, on a vite fait de salir le tissu.

La solution idéale s’est imposée par le plus grand des hasards ! Le siège du MRB s’est pendant longtemps trouvé rue Curial, à Paris dans le 19e. Or donc, dans le même immeuble siégeait un fabricant de bijoux fantaisie qui éliminait régulièrement ses surplus invendables dans les poubelles. La solution était donc à ma portée, et du vôtre en puisant dans les rayons des magasins, à conditions de ne pas choisir du plaqué or. Dans tous les cas, il s’agit de dénicher du «cordon» métallique aussi pesant que possible mais néanmoins capable d’imiter les contorsions d’une couleuvre. Vous trouverez facilement votre serpent de mer. Il faudra donc l’introduite dans l’ourlet après l’avoir coupé à la bonne longueur. Le trou pratiqué dans le tissu sera ensuite fermé avec un peu de colle blanche (type colle à bois), ou encore masqué par une pièce de renfort cousue habituellement aux empointures des voiles.

Nouvel essai, cette fois tout à fait satisfaisant comme on peut le constater de visu sur des modèles récents pilotés avec maestria par le rédac chef du MRB. Essais répétés sur plusieurs modèles… et ce n’est pas tout ! en effet, le système de voiles lestées a montré un autre avantage non négligeable. Comme on l’a vu, l’eau et le vent ne sont pas à l’échelle, et le poids du tissu des voiles est lui-même incompatible avec la pression exercée par l’air. Si bien que sur nos petits voiliers, le point d’écoute des voiles d’avant a tendance à remonter très haut, ce qui procure aux voiles un aspect de sac gonflé loin des gracieuses courbures d’une voile réelle, plus ou moins aplatie par la traction de l’écoute. Enfin, dernier avantage, pas besoin de concevoir à l’avance les voiles d’un prochain modèle. Pour peu que vos maquettes aient déjà des voiles présentant des ourlets, rien n’empêche d’en améliorer l’aspect dès maintenant. Et pour convaincre les sceptiques, il est bien évident que les quelques grammes de ferraille introduits dans la bordure des voiles n’affectent nullement le comportement du modèle au regard des kilos de lest présents dans le bas de la coque.

 

Et voilà, du plomb dans l’aile, pas bon pour les goélands, excellent pour les voiliers modèles ! 

 

 

 

 

Administrateur

Commandez la dernière Revue MRB

© Rigel Editions : Mentions Légales cliquez ici