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Articles / Trucs & Astuces

La teinture des voiles

 

teinture_voile_1

 

La mise en place des voiles est un moment important, puisqu'elle annonce la fin de la construction, la transformation d'une coque qui a nécessité des mois, voire des années de dur labeur, en voilier, donne enfin vie au modèle. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


BREF HISTORIQUE

 

 

Les voiliers de travail ont souvent des voiles teintes  ocre ou jaune, ces couleurs résistent bien à la lumière et aux embruns, de plus les couleurs choisies par les patrons pécheurs leur permettaient de se reconnaître en mer sur les lieux de pêche.
 
Mais que contient donc cette mixture qui donne ces couleurs si caractéristiques ?

Le colorant principal est fait d’écorces d’arbres chargés en tanin comme le pin, le chêne ou le châtaignier. L’écorce broyée finement est mélangée à l’eau de mer bouillante et à de la graisse animale, le liquide obtenu plus ou moins brunâtre ou rouge permettra ensuite le tannage qui préservera les voiles du pourrissement.

La teinte cachou plus foncée était obtenue avec l’écorce d’un acacia, procédé plus onéreux. Mais revenons à nos maquettes :

Il existe dans le commerce des produits de teinture tout faits, mais je préfère utiliser une méthode qui a fait ses preuves de longue date, qui donne toute satisfaction, et qui fait perdurer le côté artisanal de la construction.

J’utilise des ocres de Provence pour obtenir mes teintes.

 

teinture_voile_2Première étape, au retour des vacances méditerranéennes, quitter l'autoroute et se rendre au conservatoire des ocres à Roussillon. On peut y acquérir des coffrets qui présentent un échantillonnage des couleurs, ou plus modestement pour quelques euros, des sachets d'ocres de 100 grammes avec les teintes dont on aura précisément besoin. 

(Sinon certaines enseignes de loisirs créatifs en sont dépositaires) 

 

Pour obtenir une belle teinte rouge orangée caractéristique sur voile coton, 3 ocres sont nécessaires :

•Oxyde de fer naturel rouge de Madras N° 33,

•Ocre oxy APT N° 30

•Ocre jaune citron N° 26.

 

Il va sans dire que toutes les opérations de confection des voiles : ourlets, laizes, ralingues, renforts, bandes et garcettes de ris sont achevées avant de procéder à la teinture, l'ensemble en fils de coton garantissant une excellente imprégnation et tenue dans le temps. 

Il faudra faire des essais de mélange sur du tissu avant de l'appliquer sur des voiles achevées, on peut toujours foncer en réitérant des bains successifs, mais aucun retour en arrière n'est possible, les produits sont indélébiles.

Les faux oeillets sur un modèle au 1/30e et au-delà sont réalisés après teinture en piquant avec une aiguille trempée dans la colle contact et retirée vivement. 
Concernant le thonier Sainte Marie la teinte utilisée sur la trinquette, voile de flèche et voile d’artimon est issue du mélange détaillé dans cet article, le foc est teinté avec de l’ocre jaune citron. 
Le modèle au 1/10e est exposé au musée de la pêche à Concarneau. 
C’est parti, direction la cuisine… mais attention, si une goutte de la mixture qui va suivre entre en contact avec des vêtements, ceux-ci sont définitivement perdus.

 

 

 

LA RECETTE

 

teinture_voile_3

Recette pour une teinte rouge orangée :


Dans un demi-litre d’eau, dissoudre 2 cuillères à soupe d’Oxyde de fer naturel rouge de Madras N° 33, une d’ocre oxy APT N° 30 et une d’ocre jaune citron N° 26, une cuillère à café de sel fin de cuisine. (le sel favorise l’imprégnation en dilatant les fibres du tissu)

Faire chauffer et juste avant ébullition, on entend les
grains d’ocre non dissous qui s’agitent, verser la mixture dans un récipient en verre équipé d’un couvercle, un bocal de confiture par exemple.

Y plonger une voile, refermer le récipient, agiter en retournant régulièrement afin que l’ocre se dépose bien partout.
Au bout de 10 minutes, on peut alors retirer la voile et
l’appliquer à plat sur une  planche de bois en lui redonnant sa forme d’origine, la maintenir bien tendue avec quelques punaises.

Placer l’ensembleau soleil 2 heurespour que la toilesèche et se patine.Il faut maintenant secouerénergiquement la voile pouren faire tomber les particules depoudres d’ocres non dissoutes et nonadhérentes.Une deuxième opération similaire estnécessaire pour uniformiser le rendu.Le procédé est amusant, simple etfiable. On peut de plus observer uneexcellente tenue dans le temps.Un message à l’attention des plusjeunes lecteurs : le liquide reste trèschaud longtemps et je rappelle lecaractère indélébile de la préparationsur les vêtements.Si vous ne trouvez pas précisémentles références des poudresd’ocres que j’ai mentionnées,sachez que les teintes sont misciblesentre elles, et qu’il fautpartir d’un mélange de baserouge que l’on atténue progressivementavec de l’orange puisdu jaune.

 

Placer l’ensemble au soleil 2 heures pour que la toile sèche et se patine. Il faut maintenant secouer énergiquement la voile pour en faire tomber les particules de poudres d’ocres non dissoutes et non adhérentes. 

 

Une deuxième opération similaire est nécessaire pour uniformiser le rendu. Le procédé est amusant, simple et fiable. On peut de plus observer une excellente tenue dans le temps. 
Un message à l’attention des plus jeunes lecteurs : le liquide reste très chaud longtemps et je rappelle le caractère indélébile de la préparation sur les vêtements. 
Si vous ne trouvez pas précisément les références des poudres d’ocres que j’ai mentionnées, sachez que les teintes sont miscibles entre elles, et qu’il faut partir d’un mélange de base rouge que l’on atténue progressivement avec de l’orange puis du jaune.
La recette ci-dessus est l’issue de multiples essais de mélange, à chacun de trouver la teinte la plus approchante du modèle original. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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